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Pierre Bézier
Pierre Etienne Bézier est né le 1er septembre, 1910 à Paris. Fils et petit fils d´ingénieurs,
il a tout naturellement choisi cette profession et est entré à l´école des Arts et Métiers en 1927. L´année
de sa sortie, il entra à l´Ecole Supérieure d´Electricité (SUPELEC) et obtint un second degré
en génie électique en 1931.
En 1933, à l´age de 23 ans, Bézier entra chez Renault pour y rester pendant 42 ans.
Il démarra comme ajusteur, dessinateur, modeleur, fondeur, opérateur de machine-outil...
En 1948, directeur de production, il fut responsable de la conception des lignes de production des pièces
de la plupart des pièces de la 4 C.V. En 1957, directeur de la division machines outils, il fut
responsable de l´assemblage automatique des composants mécaniques, et de la production des
machines d´usinage.
En 1965, il diffusa une note intitulée "De l´utilisation des espaces à quatre dimensions pour
la conception des carrosseries de voitures". Il y définit un mode de représentation des formes par les nombres.
Lesquels pourraient être générés par une "machine à dessiner", puis transmis sans altération à
une "machine à tracer dans l´espace", en fait une fraiseuse à commande numérique.
Il devra ensuite convaincre et démontrer, chez Renault comme chez Peugeot,
le bien-fondé de ce qui a d´abord été considéré comme une invention "d´hurluberlu".
En 1970, à l´issue d´une réunion de 30 directeurs de Renault, il devait être décidé de l´utilisation
industrielle de la CFAO ou de son arrêt pur et simple : au terme d´un ultime plaidoyer de
l´inventeur, le "oui" l´emporta par 2 voix pour et... 28 abstentions ! UNISURF était né.
Bien qu´il était retraité depuis 1975, je l´ai connu en 1984 à la Sofermo. J´étais à l´époque responsable
informatique dans cet établissement de Renault où il avait fait ses essais 10 ans auparavent. Il lui arrivait souvent
de passer à la Sofermo pour y tester quelques nouveaux algorithmes ou admirer les nouvelles commandes
numériques qui étaient un peu une part de son oeuvre... J´écrivais alors quelques lignes de FORTRAN,
sous son contrôle, pour profiter des la puissance "phénoménale" des VAX de la Sofermo.
Il était toujours intarissable pour expliquer le cheminement de sa pensée. Avec lui, tout ce qui
pouvait sembler complexe devenait d´une clarté limpide. Il n´hésitait jamais à faire référence à son service
militaire en tant qu´artilleur pour expliquer les secrets de la trajectoire de l´obus.
C´est le 25 novembre 1999 qu´il devait nous quitter définitivement. Ce jour là, il partait à une conférence
donnée par François Le Breton, et n´est jamais arrivé... Cette semaine là, un tract de la C.G.T.
circulait chez Renault. Ce tract contenait des extraits d´un ouvrage écrit par
Pierre Bézier en 1982. J´étais au Technocentre ce jour là et j´ai donc eu dans les mains l´extrait
de ce document nommé: petite histoire d´une idée bizarre dont
je vous propose la lecture.
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